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Projets de recherche en cours

 

  • La Co-évolution des outils et des expertises : le cas de l’organisation Outils-Réseaux

Lorna Heaton (Université de Montréal)
Serge Proulx
(Université du Québec à Montréal)
Florence Millerand
(Université du Québec à Montréal)

Ce projet vise à comprendre les processus de développement sociotechnique d'outils logiciels et les formes d'usage du Web participatif (appelé aussi « Web 2.0 ») dans un contexte de production collaborative de connaissances scientifiques. Plus spécifiquement, notre but est d’explorer la co-évolution des outils techniques (facilitée par la multiplication des plateformes logicielles de seconde génération de type wiki ou blogue) et des expertises qui les accompagnent dans les pratiques de création et d'échange de contenus.

Le projet vise les deux sous objectifs suivants:

(1) Identifier les différentes formes d’expertise en jeu dans les pratiques de création et d'échange de contenus en ligne qui utilisent des plateformes logicielles de seconde génération. Dans quelle mesure les formes d’expertise identifiées sont-elles, d’une part propres au Web participatif et d’autre part, novatrices? Est-ce qu’elles facilitent, modifient ou limitent l'appropriation et la réinvention des outils logiciels dans leur migration d'un contexte d'utilisation à l'autre ? Quels rôles jouent ces expertises dans la stabilisation et la viabilité (sustainability) des innovations collaboratives communautaires?

(2) Explorer les relations entre concepteurs et usagers des plate-formes Web. 2.0 dans un contexte où l'usager est au centre d'activités de création et d'échange de contenus (user-generated content) Assiste-t-on vraiment à la « démocratisation de l'usage »? Voit-on l’émergence de nouvelles formes de coopération? Comment peut-on reconceptualiser la distinction intuitive entre concepteur et usager ?

Nous mènerons une étude comparative entre trois cas de circulation d’outils et d’expertises au sein de communautés d’usagers-concepteurs faisant usage du Web participatif et ayant comme noyau l’organisation Outils-Réseaux (http://outils-reseaux.org/PresentationProjet).

Tela Botanica: le réseau de la botanique francophone


Fondé en 1999, le réseau Tela Botanica regroupe 17 000 membres, amateurs et professionnels de la botanique, basé exclusivement sur l’usage d’une plateforme Web qui combine des forums de discussion, des espaces collaboratifs
(wiki), des bases de données, des systèmes de cartographie, etc., et qui offre un grand nombre de ressources (bulletins d’actualités, bibliographies, publications en ligne, index sur les taxons de la flore, etc.), en libre accès et gratuitement.

Dans le cadre de ce projet, nous réalisons une étude approfondie de la plateforme Tela Botanica (http://www.tela-botanica.org/), sorte de wikipedia de la botanique, à partir d'un questionnement sur la réarticulation des relations entre amateurs et professionnels de la botanique dans le contexte du Web participatif.

 

  • Construction des savoirs et des usages reliés aux médicaments chez les jeunes adultes : Le rôle des technologies de l'information et de la communication (2008-2011)

Christine Thoër (Université du Québec à Montréal)
Florence Millerand (Université du Québec à Montréal)

Les enquêtes épidémiologiques attestent d'une progression des pratiques d'utilisation des médicaments à des fins non médicales chez les jeunes adultes. Ces pratiques englobent le détournement des médicaments de leurs indications thérapeutiques à des fins récréatives, de recherche de sensations et de prise de risque ainsi que l'utilisation des produits pharmaceutiques dans le cadre de pratiques de dopage visant à améliorer les performances, à modifier l'apparence corporelle et à réguler les humeurs.

L'objectif général de cette recherche est de cerner le rôle que jouent Internet et plus généralement, les technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'appropriation des savoirs et la construction des usages reliés aux médicaments faisant l'objet de détournement, d'abus et de dopage par les jeunes adultes. Elle s'attachera à cerner leurs stratégies de recherche d'informations et d'échanges concernant les médicaments qui sont utilisés à des fins non médicales et à saisir la façon dont les différentes utilisations des TIC s'articulent et s'insèrent dans les communications interpersonnelles hors ligne.

Cette recherche s'appuiera sur une combinaison d'approches qualitatives : des focus groups et une observation participante virtuelle. Nous réaliserons 8 focus groups avec des jeunes francophones engagés dans différentes pratiques d'utilisation des médicaments à des fins non médicales. Nous procèderons ensuite à une observation participante de deux forums qui seront sélectionnés sur la base des témoignages recueillis dans le cadre des focus groups.

 

  • Projet ArcticNet - Des infrastructures d'information pour les scientifiques: analyse des processus d'innovation sociotechnique au sein d'un projet d'infrastructure de recherche (2008-2011)

Florence Millerand (Université du Québec à Montréal)

Ce projet de recherche propose l'analyse d'un projet de développement d'une base de données partagées au sein du réseau de centres d'excellence du Canada ArticNet qui rassemble des scientifiques de nombreuses disciplines autour de l'étude de l'Arctique. La recherche contribuera à la production de nouvelles connaissances sur les dynamiques d'innovation, notamment les dimensions sociales et organisationnelles - souvent pointées comme facteurs clefs de réussite des projets, mais encore peu comprises.

Dans le monde scientifique, nous assistons au développement rapide d'infrastructures informatiques de collaboration. Concrètement, ces plates-formes, appelées aussi « collaboratoires », visent à offrir une grande variété de ressources et de services, autant pour la communication entre les chercheurs (grâce à des systèmes de messagerie et de vidéoconférence) que pour la production scientifique (grâce à des bases de données partagées, des architectures de calcul distribuées ou « grid », des outils de visualisation et de modélisation, etc.). Ces initiatives sont accueillies plutôt favorablement dans les communautés scientifiques où les grands défis scientifiques actuels requièrent la collaboration de vastes ensembles de chercheurs et la mise en commun d'importantes quantités de données [1]. Cependant, les recherches qui se sont penchées sur les rapports entre technique et société montrent que les solutions technologiques ne garantissent pas à elles seules les formes finales prises par les innovations techniques [2], de la même façon que la mise à disposition de nouveaux outils a priori très performants ne garantit pas leur appropriation effective par les usagers [3]. En l'occurrence, très peu parmi les infrastructures scientifiques ont réussi à contribuer à l'amélioration de la collaboration et de la production scientifique de manière significative [4].

Les questions au coeur de la recherche sont les suivantes :

  • Comment naissent les infrastructures d'informations scientifiques et comment se développent-elles?
  • Dans quelle mesure les dynamiques d'innovation à l'oeuvre relèvent-elles de processus «sociotechniques»?
  • En quoi ces nouveaux développements technologiques pourraient-ils s'accompagner de reconfigurations sur le plan des pratiques scientifiques, des rapports disciplinaires aux données de recherche et, plus largement, sur le plan de l'organisation du travail scientifique?

Notre recherche sera guidée par une approche qualitative et pragmatique pour développer une compréhension approfondie des processus d'innovation sociotechnique à l'oeuvre dans le cadre de cette étude de cas. Notre démarche méthodologique empruntera aux principes de l'ethnographie et s'inscrira dans une perspective de théorisation ancrée [5] dans le souci d'enraciner l'analyse dans les données de terrain. Concrètement, nous étudierons le développement d'une infrastructure de recherche, une base de données partagées, au sein d'un réseau de recherche multidisciplinaire, le réseau de centres d'excellences du Canada ArticNet.

Le terrain de recherche : le réseau ArcticNet

Le réseau ArcticNet constitué en 2003 en tant que réseau de centres d'excellences du Canada regroupe des scientifiques en sciences de la nature, en sciences de la santé et en sciences sociales ainsi que plusieurs partenaires pour étudier les impacts des changements climatiques dans l'Arctique canadien côtier. Basé à l'Université Laval à Québec, il réunit plus d'une centaine de chercheurs et environ 230 étudiants et personnel issus de 27 universités canadiennes et de 5 ministères fédéraux.

[1] Bowker, G. C. (2006). Memory Practices in the Sciences. Cambridge, MA: MIT Press.
[2] Bijker, W. E., Law, J. (Eds.). (1992). Shaping Technology/Building Society. Studies in Sociotechnical Change. Cambridge, MA: MIT Press.
[3] Jouët, J. (2000). Retour critique sur la sociologie des usages. Réseaux (100), 487-521.
Proulx, S. (2005). Penser les usages des technologies de l'information et de la communication aujourd'hui : enjeux, modèles, tendances. In L. Vieira, N. Pinède (Eds.), Enjeux et usages des TIC : aspects sociaux et culturels, Tome 1 (p. 7-20). Bordeaux: Presses universitaires de Bordeaux.
[4] Bos, N., Zimmerman, A., Olson, J., Yew, J., Yerkie, J., et al. (2007). From shared databases to communities of practice: A taxonomy of collaboratories. Journal of Computer-Mediated Communication, 12(2).
[5] Strauss, A. L. (1987). Qualitative Analysis for Social Scientists. Cambridge, MA : University Press

  • Comparative Interoperability Project (2004 – Actuellement)

Geoffrey Bowker (Santa Clara University)
Karen Baker (University of California, San Diego)
Florence Millerand (Université du Québec à Montréal)
David Ribes (University of Michigan)

 

 

Ce projet de recherche consiste en une étude comparée de trois cas de développement d'infrastructures informatiques collaboratives au sein de réseaux scientifiques en sciences de la nature. Nous cherchons à mieux comprendre les dimensions sociales, organisationnelles et institutionnelles de ces développements techniques de grande envergure dans les sciences, et plus largement, à mieux cerner les enjeux de la mise en réseau des chercheurs, laboratoires et institutions scientifiques.

Le développement d’infrastructures informatiques dans les sciences fait l’objet d’un vaste mouvement appelé « cyberinfrastructure » (aux Etats-Unis) ou e-Science (en Europe), qui vise à favoriser la collaboration interdisciplinaire grâce à la mise en commun de données scientifiques, d’équipements, d’instruments, etc., au sein de plateformes collaboratives (aussi appelées « collaboratoires »). Concrètement, il s’agit d’équiper les réseaux scientifiques de vastes entrepôts de données, d’architectures de calcul distribuées, d’outils de visualisation scientifique, etc. Ces développements techniques de grande envergure sont de longue haleine et font l’objet d’intenses négociations.

Que nous apprend l’observation de ces développements sociotechniques sur les pratiques scientifiques actuelles, sur les éventuelles transformations de ces pratiques (formes de collaboration, formes de sociabilité), sur les dynamiques institutionnelles (reconnaissance scientifique), sur les dimensions éthiques et politiques des choix techniques, sur l’éventuelle transformation de la nature même du travail de production de connaissance?

Nous comparons trois cas de développement d’infrastructures informatiques au sein de trois réseaux scientifiques américains : le GeoScience Network GEON en sciences de la terre, le réseau de recherche à long terme en écologie LTER, et l’initiative Ocean Informatics en océanographie. La méthodologie mobilisée est ethnographique et consiste, d'une part à analyser les négociations autour de ces dispositifs techniques (analyse des récits d'acteurs) et d'autre part, à cerner leurs dynamiques sociotechniques (observations des pratiques de conception et développement).

Publications disponibles sur le site web du projet : http://interoperability.ucsd.edu/

Projets de recherche passés

  • Les usages du courrier électronique en milieu académique (thèse de doctorat, 2003)

La question de l'appropriation des technologies d'information et de communication (TIC) comme Internet par les individus et les groupes, notamment par les scientifiques, a constitué l'objet de recherche principal de ma thèse de doctorat intitulée « L'appropriation du courrier électronique en tant que technologie cognitive chez les enseignants chercheurs universitaires : vers l'émergence d'une culture numérique? ». L’objectif de la recherche visait à mieux comprendre les processus d'appropriation du courrier électronique ainsi que les processus d'acculturation associés.

Dans le cadre d’une stratégie méthodologique qualitative, j’ai procédé par entrevues individuelles, observations des modes d'utilisation et analyses détaillées des contenus des boîtes personnelles de courrier électronique auprès d’un groupe de professeurs chercheurs appartenant à 16 disciplines différentes provenant des sciences humaines et sociales et des sciences de la nature. L'approche développée a consisté à appréhender le courrier électronique en tant que « technologie cognitive », c’est-à-dire en tant que dispositif technique prenant part à l'acquisition, à la production et à la mise en forme des connaissances. Les résultats de la recherche montrent des pratiques scientifiques en évolution qui affectent les pratiques de travail individuelles et collectives de même que les conditions de formation des savoirs scientifiques. En savoir plus : Résumé et table des matières de la thèse (PDF).

  • Usages et appropriation d’Internet chez les adolescents (1997 – 1998; 2001)

Cette recherche internationale sur les usages d'Internet chez les adolescents de 12 à 17 ans a été réalisée entre 1997 et 2001, au moment de la généralisation de l’usage d’Internet dans la société. La recherche a été menée en Amérique du Nord et en Europe (Québec, France, Suisse, Espagne, Portugal). Les représentations, les usages et les modes d’appropriation d’Internet par les adolescents sont étudiés selon les tranches d’âge et le sexe. La méthodologie utilisée est mixte, quantitative et qualitative. Voir une synthèse du rapport final pour le volet québécois (Ministère de la culture et des communications, Gouvernement du Québec) et le rapport de la recherche internationale.

  • Femmes et technologies (1999; 2002)

Projets de recherche ayant pour thématique les relations femme et technologie en collaboration avec l'Université de Montréal et plusieurs groupes communautaires féministes. Volet recherche action. Voir une bibliographie sur ce thème. *Datée de 1999

  • Web et Utilisabilité

Activités de recherche-développement au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM). Ergonomie logicielle, test d’utilisabilité.